Les coûts de la santé augmentent d’année en année et l’état ne pourra plus assurer une couverture de qualité à tout le monde. La solution la plus facile consistera bien sûr à dé-rembourser de plus en plus de médicaments (ce qui n’est peut-être pas une mauvaise chose sachant qu’il y a environ 400 médicaments vraiment utiles sur 5000, à condition de faire un choix objectif … ce qui n’est pas acquis, bien sûr) mais aussi en privatisant par le biais des mutuelles ce service public. Un petit souffle précurseur de cette tendance a déjà soufflé pendant la campagne électorale.
Alors devons-nous nous résigner à un système à l’américaine sans aucune solidarité et laisser tomber un système que beaucoup nous envient ?
Mais il me semble qu’il y a une autre réponse possible. Restons en bonne santé !

Ce n’est pas une boutade. Les naturopathes, les hygiénistes considèrent que la maladie provient d’une faiblesse du milieu et donc être malade n’est pas un coup du sort qui s’abat sur un pauvre innocent mais une déficience de notre organisme qu’il convient d’améliorer.
Or il est un moyen simple, efficace, peu coûteux, rapide de rester en bonne santé ou de la retrouver, c’est le jeûne.

Beaucoup de maladies chroniques comme les maladies neuro-cardio-vasculaires, le diabète, les diverses formes de rhumatismes, les maladies inflammatoires … (la liste est très longue) sont fortement soulagées par le jeûne.

Le jeûne agit de deux manières :

  • Notre organisme fonctionne en utilisant le glucose comme carburant, dès que nos réserves s’épuisent on a envie de sucre, c’est normal. Mais l’excès de sucre est transformé en graisse ce qui a permis à l’humanité (et aux autres animaux) de survivre. En effet en période de disette l’organisme commence à utiliser la graisse en la dégradant en corps cétoniques dans le foie. Ces corps cétoniques servent alors de carburant pour les différents organes, y compris le cœur et le cerveau. Tout cela est très bien conçu mais surtout les corps cétoniques sont très anti-inflammatoires. Au bout d’une semaine de jeûne il n’est pas rare d’entendre les gens signaler que les genoux, les poignets ne leur font plus mal.
  • Le deuxième point important est que le jeûne va déclencher dans les cellules un processus de nettoyage. Les hygiénistes parlaient d’« autolyse » mais le prix Nobel de médecine 2016, Yoshinori Ohsumi, l’a appelé autophagie. En cas de manque prolongé, les cellules activent les phagosomes qui vont ramasser tous les déchets qui nagent dans le cytoplasme pour les recycler en éléments utilisables ou les éliminer. Ce rajeunissement cellulaire va permettre aux cellules de mieux fonctionner et aux organes affaiblis de retrouver un fonctionnement normal.

Toutes les maladies d’accumulation et d’inflammation vont être soulagées. Pour que les effets soient durables il faut bien sûr changer un peu (ou beaucoup pour certains) son mode de vie : faire du sport, ne plus manger n’importe quoi et jeûner régulièrement car nous avons besoin de période d’abstinence que notre mode de vie ne nous apporte plus.

Et là notre petite responsabilité personnelle est en jeu. Que faisons-nous pour notre santé ? A quoi sommes-nous prêts à renoncer aujourd’hui pour rester en bonne santé demain ? Ou bien attendons-nous en bon consommateur que l’état règle nos problèmes ?
Le jeûne fait peur, l’image des famines hante toujours notre inconscient collectif. Mais surtout, nous sommes « accros » à la nourriture et particulièrement au sucre. Manger est un plaisir et souvent l’occasion d’un moment convivial. Alors résister aux incitations incessantes des spots publicitaires pour des plats préparés ou des sucreries est de l’ordre de l’héroïsme ! Dans notre société de consommation arrêter de consommer relève du boycott, de la rébellion ! Mais la rébellion est quelque chose de très positif en soi, c’est l’affirmation de soi. L’affirmation de sa propre responsabilité ! A la fin des jeûnes on voit sur le visage des participants une certaine fierté, fierté d’avoir tenu bon mais aussi fierté d’être redevenu maître de soi-même.

En effet ce n’est pas un soin que l’on reçoit, c’est une chose que l’on doit faire soi-même pour sa santé. Je ne peux pas jeûner pour quelqu’un d’autre. Ceci implique un engagement de la personne.
Prendre un médicament, c’est laisser une substance étrangère régler notre problème de santé, symboliquement c’est confier la responsabilité de nous guérir à un corps étranger. Mettre en œuvre des processus de guérison naturels n’est pas extérieur à soi c’est au contraire le moi intime qui entre en jeu.

Le jeûne n’est pas toujours une partie de plaisir. La désintoxication produit aussi des sensations peu agréables quand l’élimination est très forte, maux de tête, maux de ventre, malaises divers. Pendant le jeûne on ne prend pas de médicaments il faut donc supporter ces petits désagréments. L’accompagnement devient ici important, c’est pourquoi nous privilégions le jeûne en groupe.  Et puis en groupe on se sent plus fort. Le jeûne est encore très peu développé en France. Dire que l’on va faire un jeûne provoque de l’étonnement, des moqueries ou même de l’inquiétude « attention c’est dangereux ! »

Il faut briser quelques tabous mais,

« Si tu veux changer le monde commence par changer quelque chose en toi ».

Alors allons-y !